Picea Abies - l'Epicea

Le Rechausseyre
A cheval sur le Velay (Haute Loire) et le Vivarais (Haute Ardèche), la région du Mézenc forme la Cévenne la plus septentrionnale.
C'est ici, plus précisément au charmant village des Estables, que nous avons fait connaissance, voilà déjà 22 ans... et que nous sommes devenus amis, de Ghislaine et Jean-Paul.
Jean-Paul est également l'ami des arbres ! Il a publié un article, dans les Cahiers du Mézenc, dans lequel il relate un dialogue plutôt insolite, établi dans la forêt, au pied du Rechausseyre . Je vous en livre quelques lignes :
« Après cinq minutes de marche, la pente brusquement devenait plus raide et un dernier effort m'amenait enfin au but. Le chemin débouchait sur une grande clairière qui abritait une superbe petite bâtisse de pierres, coiffée de lauzes. Je supposais qu'elle devait servir d'abri aux bûcherons ou autres hommes des bois. Après en avoir fait le tour, je voulus m'engager dans le chemin qui s'enfonçait sous les arbres. C'est alors que soudain, était-ce cette brusque semi-obscurité, ce silence oppressant à peine troublé par le souffle du vent, tout là-haut dans les cimes, cette odeur forte de sous-bois, une sorte de peur me fit frissonner. Que cachaient ces branches basses ? Quel animal fantastique allait brusquement bondir de l'ombre ? Mettant cette faiblesse passagère sur le compte de la fatigue du voyage, je descendis vers le Creux des Loups, frappant un peu plus fort le sol de mon bâton.
Après quelques dizaines de mètres, je fus st
j'éclatais d'un grand rire nerveux en m'exclamant :
« Idiot ! ce ne sont que ces troncs de sapins qui frottent l'un contre l'autre.
-Je ne suis pas un sapin ! »
La voix résonnait, grave et profonde.
Après un long silence, un peu gêné d'être pris en faute et d'étaler mon ignorance, je bredouillai :
« Pardonnez-moi, j'avais cru …
- Mais alors arbre, qui êtes-vous ? demandais-je.
- Je suis Picea Abies, mais on m'appelle généralement de mon nom français : épicea, l'arbre à musique et tous les arbres que tu vois autour de toi dans la pessière* sont des épicéas »
Un peu surpris je répliquais :
« Mais… sapin et épicéa, c'est la même chose ! »
Avec une grande patience, et sans lever le ton, l'arbre m'expliqua …………………etc »
* Pessière : forêt d'épicéas.
Voilà, la suite est tout-à-fait passionnante. Si vous désirez la connaitre, je vous laisse la découvrir dans Les Cahiers du Mézenc.
Depuis que j'ai lu ce reportage, je ne regarde plus les arbres du même oeil !!!

La croix de Boutières

Au fond, le Mont Mézenc

Les Estables - photo prise sur le chemin qui monte au Mont Alhambre.
Article ajouté le 2007-09-02 , consulté 411 fois
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Commentaires
peinturesencresdebarbad le 09/09/2007 à 11:04:57SUPERBE FRANCOISE cette magnifique histoire d'épicea
J'aimerais bien ce cahier de mézenc Où se trouve ce récit émouvant et tel que les aime sur cette nature que l'on ne sait pas apprécier à sa juste valeur
merci pour ce merveilleux témoignage et félicite son auteur
tes photos sont belles et moi non plus je ne regarderai plus les arbres de la même façon
fredo le 03/09/2007 à 07:05:38
22 ans déjà ! C'est un poncif mais c'est fou ce que le temps passe !