Chez Françoise

Chez Françoise

Clément Maudet

 

 

 



 

 

 

 

Clément Maudet, un héros.

 

Clément Maudet est né en 1829 à Saint Mars d'Outillé (Sarthe).

 

Après les journées révolutionnaires de 1848, il s'engage dans la Légion Etrangère, créée en 1831 par Louis Philippe. Très vite il sera remarqué pour son courage, et obtiendra la médaille militaire lors de la campagne de Crimée (1854-1856).

 

Trois mois après sa nomination au grade de sous-lieutenant, il participe à la campagne du Mexique. Etant l'officier le plus décoré de la 3ème compagnie du régiment étranger, il en sera le porte-drapeau.

 

Le 30 avril 1863 son bataillon est chargé de sécuriser la route qu'empruntera un convoi de ravitaillement. La 3ème compagnie ne compte que 62 hommes, pour un effectif théorique d'environ 110.

Tous les hommes sont équipés du fusil à piston modèle 1857, équipé d'une baïonnette coudée. Il se charge par la bouche. Le tube est rayé et la cartouche cylindrique, de calibre 17 mm.

 

 


Le gouverneur civil et militaire de l'état de Véra Cruz est le colonel Francesco de Paula Milan, il a 41 ans. Il reçoit pour mission d'attaquer et de détruire le convoi français. Il dispose pour cela de 3 bataillons d'infanterie, d'environ 400 hommes chacun, Vera Cruz, Cordoba, Jalapa ... Ils sont très bien équipés avec des armes américaines de modèles variés : fusils Halls et Springfiels à piston, Sharps se chargeant par la culasse, revolvers Paterson, Colt, Stern ou Remington. Sa cavalerie est forte de plus de 500 réguliers, renforcés par 300 irréguliers. Les cavaliers sont dotés de sabres, de carabines, et pour certains de longues lances. Ils sont protégés par d'épais vêtements de cuir, avec notamment une veste qu'ils enfilent au moment de livrer combat.

 

La troupe de Clément Maudet tombe en embuscade à Camerone.

 

 

La troupe française se retranche alors dans l'auberge du village où, durant 11 heures, elle livre bataille aux 2000 Mexicains (800 cavaliers et 1200 fantassins)

 

Retranchés dans l'hacienda, les légionnaires font preuve d'une résistance extraordinaire.

 

Vers 9 heures du matin, après une démonstration de force, les Mexicains envoient un parlementaire d'origine française, le lieutenant Ramon Laisné, demander la reddition de la 3ème compagnie. Le capitaine Danjou refuse. Les cavaliers démontés lancent une première attaque maladroite, mais doivent se retirer avec de lourdes pertes, handicapés par leur équipement trop lourd. Danjou jure de ne jamais se rendre et demande à ses hommes d'en faire de même, ce qu'ils font avec ardeur. Il est tué d'une balle en pleine poitrine en traversant la cour pour inspecter ses positions à 11 heures. Le sous-lieutenant Vilain prend alors le commandement. Dehors un clairon sonne, accompagné par les roulements d'un tambour : peut-être est-ce le "degüello", l'air joué par les Mexicains lors de l'assaut final du Fort Alamo au Texas le 6 mars 1836 (si vous voulez l'écouter, cliquez sur la petite flèche en haut de l'article). Les attaquants ne feront pas de quartiers.

 

 

En fin d'après-midi, à court de munitions, à la tête des 5 derniers hommes valides, Clément Maudet charge à la baïonnette et s'écroule touché par 2 balles, à la hanche et à la jambe.

 

La charge héroïque mais désespérée du sous-lieutenant Maudet et de ses hommes (par Pierre Benigni).

 

 

A l'issue du combat, il fut soigné à Huatusco par Doña Juana Marredo (Mama Juana) et il écrivit, à la veille de sa mort des suites de ses blessures : "En France j'ai laissé une mère,  au Mexique j'en ai trouvé une autre".

Il décède à l'hôpital le 8 mai 1863 à l'âge de 34 ans.

 

Napoléon III demande que le nom de Camerone figure sur le drapeau du régiment, et que les noms des trois officiers, le capitaine Danjou, les sous-lieutenants Vilain et Maudet, soient gravés en lettres d'or, sur les murs des Invalides à Paris.

 

En mai 1863, le colonel Jeanningros et ses hommes se contentèrent d'ériger sur les lieux de la bataille, une croix de bois avec l'inscription "Ci-git la 3ème compagnie du 1er bataillon de la Légion Etrangère". Elle fut remplacée par une colonne en dur avant la fin de la campagne.

 

En 1892 un monument fut élevé à la gloire des légionnaires, par souscription à l'initiative d'Edouard Sempé, consul de France à Vera Cruz. Il porte l'inscription connue de tout légionnaire :

 

Ils furent ici moins de 60,

Opposés à toute une armée.

Sa masse les écrasa

La vie plutôt que le courage

Abandonna ces soldats français

le 30 avril 1863.

 

 

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Clément Maudet, officier de Saint Mars d'Outillé, fut la dernière victime de la bataille de Camerone

 

 

En mémoire de "l'enfant du pays", la commune de St Mars d'Outillé a donné le nom de Clément Maudet à la rue qui longe le presbytère.

 

 

 

 



 



 









 





14/11/2009
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