Chez Françoise

Chez Françoise

La reliure d'art


Il y a quelques années, j'ai eu le bonheur de m'initier à l'art

de la reliure.

 

Tout a commencé grâce à Sandra, ma fille.

 Un beau jour, se promenant dans les ruelles moyenâgeuses du Vieux-Mans,

elle remarque une petite échoppe dans laquelle s'entassaient des livres anciens





La voilà qui pousse la porte et lie conversation avec la maîtresse des lieux, ancienne élève de l'Ecole d'Estienne (prestigieuse école des métiers du livre de Paris) et grand prix de la SEMA... belles références !

Connaissant mon amour pour les livres, Sandra m'inscrivit pour un essai... je suis restée 2 ans !

J'y ai appris les rudiments de la reliure artisanale exécutée à la main, les bases indispensables qui donnent l'envie d'appronfondir cette technique traditionnelle et de progresser vers la création.

Cette technique de reliure permet de protéger le livre et surtout de le transformer en une oeuvre d'art unique, qui ira enrichir une bibliothèque, considérant qu'une belle reliure est le complément indispensable d'un beau livre.

 

 

Pourtant ce n'était pas gagné d'avance. La reliure d'un livre ne nécessite pas moins de 45 opérations différentes... du débrochage à la mise en presse de finition !

Il faut beaucoup de patience et une très grande minutie ; un millimètre de décalage et le livre est bancal !

J'ai donc appris, étape par étape, à remettre en valeur les vieux livres auxquels je tenais ; le tout avec des matériaux naturels.

Il m'a fallut tout d'abord me familiariser avec le matériel : le cousoir, le plioir, la scie à grecquer, le marteau à endosser, la pierre et le couteau à parer, la pince à nerfs, les clavettes à ficelle, l'équerre à talon, le poinçon, les ais en bois, l'étau à endosser, la presse etc... tout cela était nouveau pour moi.

 

 

Ensuite j'ai débroché les cahiers de mon premier livre. J'ai dû le réparer, tailler des gardes, ébarber, grecquer, coller, faire l'arrondissure, l'endossure, la cousure au fil de lin, coller des ficelles de chanvre, poser la mousseline, rogner, recouper en gouttière, tailler des encoches et les coiffes, fixer et combler les ficelles, poser la tranchefile, le ponçage, le faux-dos, la couvrure, les remplis, le comblage du contreplat, les gardes couleur, coupe, collage, séchage, mise en presse, titrage... Beaucoup d'actions à assimiler mais quelle joie et quelle fierté au final ! Mon vieux livre, grâce à moi, avait trouvé une seconde jeunesse.

 

 

La couvrure était en toile, le résultat m'encouragea à utiliser le cuir.

D'abord choisir la peau. Que ce soit la basane, le chagrin, le veau, le maroquin ou le buffle, je réservais ces peaux pour mes plus belles éditions. Nouvelle étape mais aussi nouvelles difficultés. Préparer la peau, la parer, c'est-à-dire l'amincir à l'aide d'un couteau spécial (sans faire de trous...), la travailler, la tailler pour ciseler des décorations, humidifier la fleur du cuir etc...

La couvrure en peau est une étape délicate mais gratifiante, car elle est l'aboutissement d'un long et minutieux travail.

 

Quelques uns de mes travaux, demi-cuir, plein cuir avec nerfs. Les 2 derniers sont des créations personnelles.

Celui-ci n'est pas un très beau livre, mais j'y tiens beaucoup, il m'a été dédicacé par Léo Ferré lui-même.

J'ai aussi appris à faire mes papiers "à la cuve" pour les gardes couleur.

L'opération consiste à projeter des couleurs sur une cuve remplie d'eau et d'un composant gélatineux, ce qui permet aux couleurs de flotter sans se diluer. Motifs et couleurs sont ensuite transférés par contact, sur une feuille de papier déposée à la surface du bain. On peut ainsi obtenir des papiers marbrés, cailloutés, peignés, jaspés... Chaque papier ainsi décoré est un original.

Quelques uns de mes papiers.

Cet art de décoration du papier et de marbrure s'appelle le suminagashi (encres flottantes.)

 

 



06/05/2007
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